. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Vous êtes ici : Accueil » Documentation » Agenda des Frontières » AGENDA DES FRONTIÈRES 2018 » Sécurisation des frontières et lutte contre le terrorisme : le Bénin vers un (...)

Sécurisation des frontières et lutte contre le terrorisme : le Bénin vers un contrôle renforcé et efficace de ses frontières

D 3 janvier 2018     H 06:06     A L’AGENCE     C 0 messages


(pourrait-il adopté le système MIDAS ?)

La notion de maîtrise des frontières est une notion dont les contours demeurent encore flous pour beaucoup. Jusqu’où peut-on maîtriser ou surveiller les frontières ? La maîtrise des frontières d’un pays est-elle possible compte tenu de l’immensité de son contenu ? Est-il possible de sceller les frontières d’un pays ? Toutes ces interrogations se rejoignent sur le fait que la maîtrise des frontières se heurte à des limites tant humaines, juridiques, naturelles que technologiques. Plus le territoire est vaste, plus les limites de sa sécurisation et de sa maîtrise sont grandes. Le défi du contrôle et de la surveillance des frontières est donc suffisamment complexe pour que nous le couvrions intégralement.

Sans renier tous les efforts déjà consentis par les états africains, pour sécuriser leurs frontières et pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens, le Gouvernement béninois a opté pour une gestion intégrée de ses espaces frontaliers avec pour socle l’élaboration et la mise en œuvre de la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers (PNDEF) par l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) en vue de faciliter la maîtrise de ses frontières. Cette stratégie multidimensionnelle et inclusive a déjà donné, entre autres, les résultats suivants :

  • la construction et l’équipement des infrastructures de sécurité dans les zones stratégiques, longtemps abandonnées et enclavées ;
  • la lutte contre la pauvreté sévère à travers la construction et l’équipement des infrastructures sociocommunautaires (écoles, centre de santé, forages d’eau, ouvertures de voies etc.) ;
  • la lutte contre l’apatridie à travers la délivrance d’actes d’état civil dans les zones frontalières ;
  • l’autonomisation économique des femmes ;
  • l’électrification solaire dans les villages frontaliers ;
  • le renforcement des capacités des communes frontalières en matière de renseignement territorial par la conception des Plan locaux de sécurité ;
  • l’implication des communautés dans le dispositif de surveillance et d’alerte des frontières ;
  • la création de l’Unité Spéciale de Surveillance des Frontières (USSF) etc.

La création de cette force d’élite de la Police Républicaine avec une approche de police communautaire au service de la population dans le domaine de la sécurisation des espaces frontaliers répond à un souci d’amélioration du maillage territorial des unités de Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et de correction de l’excentricité des postes frontaliers qui n’offraient pas un niveau adéquat de sécurisation des espaces frontaliers. De plus avec cette unité, la capacité de surveillance de nos frontières et de gestion des incidents frontaliers s’est consolidée et renforcée avec une lutte plus accentuée contre toutes les formes de crimes transnationaux organisés. Des efforts sont faits pour la rendre plus opérationnelle avec l’appui du Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique qui renforce ses capacités par des formations et des dotations en matériels de sécurité spécialisés.

La stratégie nationale s’appuierait aussi sur une mise en œuvre de moyens technologiques par des efforts innovants et adaptés en faveur du renforcement du dispositif de sécurisation des frontières (biométrie, systèmes d’observation, drones, vidéosurveillance, capteurs, matériels de télécommunication, clôtures actives, etc.) comme l’utilisation du MIDAS au regard des multiples défis sécuritaires et des nouvelles menaces dans la région du sahel avec une montée de plus en plus remarquable du terrorisme.

L’utilisation du MIDAS par le Bénin (système d’information migratoire et d’analyse des données) aura pour objectif de renforcer la sécurité et le contrôle de ses frontières avec ses voisins à l’instar des pays africains comme le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Burundi, le Tchad, le Congo, le Djibouti, la RDC, la Guinée, le Libéria, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, la Somalie, le Soudan du Sud, la Tanzanie et l’Ouganda qui l’utilisent déjà.

Ce système est un instrument (en anglais, Migration Information and Data Analysis System, MIDAS) développé par les Nations Unies à travers l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2009 pour apporter une solution efficace et entièrement personnalisable pour les États ayant besoin d’un système d’information complet et abordable pour la gestion des frontières.

Le MIDAS capture automatiquement les données biographiques et biométriques des voyageurs à l’aide d’un lecteur de documents, d’une webcam et d’un lecteur d’empreintes digitales. Cette automatisation de la collecte de données permet de saisir l’information plus rapidement et plus précisément.

En ce qui concerne la sécurité aux frontières, MIDAS compare automatiquement toutes les données d’entrée et de sortie avec les listes d’alertes nationales et d’INTERPOL. Il contribue ainsi à faire en sorte que les personnes qui tentent de franchir la frontière ne constituent pas une menace pour la sécurité nationale ou internationale, et n’utilisent pas de documents de voyage volés ou perdus.

Pour ce qui est de la gestion des migrations, MIDAS peut également être utilisé pour gérer les tâches liées à l’immigration et aux migrations au niveau d’un pays, notamment en ce qui concerne l’enregistrement, la gestion des cas, ainsi que la délivrance de permis de résidence, d’emploi ou d’autres types de permis.
En guise d’illustration, les récents événements au Mali à savoir la guerre au nord, les attentats à Bamako, à Ouagadoudou et dans le nord du Burkina mais aussi dans d’autres pays limitrophes, telle que la présence du groupe Boko Haram au Nord du Nigeria avec un impact très fort au Niger, ont révélé l’évolution et la globalisation des menaces de sécurité, devenues désormais protéiformes et régionalisées. Les conflits qui, par le passé, engageaient des États, ont fait place à des groupes armés ou des combattant isolés à forte mobilité. Les individus mal intentionnés utilisent potentiellement les mêmes routes que les migrants ou se joignent à eux pour mieux se dissimuler.

MIDAS permet de relever les défis de la sécurité dans le domaine de la gestion des frontières par un renforcement de capacités et un appui technique et matériel pour la collecte et l’analyse des données migratoires et pour une meilleure maitrise des flux.

MIDAS offre aussi la possibilité d’échanger les données entre les différents postes-frontières connectés à un serveur central afin de partager les données des voyageurs avec tous les autres postes-frontières en temps réel. Le système est alimenté et connecté en fonction des conditions spécifiques locales, ce qui permet une installation dans les zones ayant une connectivité médiocre ou intermittente.

Si en plus de cela, les réunions transfrontalières et des réunions transcommunautaires se tiennent, elles permettront de partager les expériences et ainsi d’améliorer la coordination entre les différents services de sécurité au niveau local, national et international.

L’ABeGIEF sollicite par la présente un appui de l’OIM et des autres partenaires dans le renforcement du dispositif de sécurisation des frontières lié aux fonctions de renseignement, d’évaluation des risques afin de réduire la migration irrégulière et de prévenir les crimes transfrontaliers.