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Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono (RBT-Mono) Bénin-Togo : un exemple de coopération transfrontalière dans le domaine de l’environnement

D 3 janvier 2018     H 05:58     A L’AGENCE     C 0 messages


Le Gouvernement de la République du Bénin et le Gouvernement de la République Togolaise ont signé à Lomé en mai 2016, l’accord de coopération dans le domaine de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles. Dans ce cadre, les deux pays ont mis en place la Réserve de Biosphère Transfrontalière (RBT) du cous inférieur du Mono qui a pour mission d’assurer la gestion durable et la restauration des écosystèmes liés au fleuve Mono, ses affluents et ses berges en vue d’optimiser ses services écosystémiques et minimiser les risques d’inondations récurrents dont sont victimes les populations riveraines.

La RBT Mono a pour objectifs de :

  1. organiser et renforcer la coopération, d’une part entre les pays de la RBT Mono, d’autre part entre ces pays et tous les partenaires au développement intéressés et concernés par la gestion durable de la réserve de biosphère.
  2. harmoniser les politiques et stratégies nationales de gestion des ressources naturelles de la réserve par l’adoption et la mise en application d’une approche de gestion partagée.
  3. mobiliser les moyens humains, techniques et financiers nécessaires à la mise en œuvre d’études, de recherches et des travaux de développement au sein de la réserve.
  4. coordonner les études, les recherches et les travaux entrepris au sein de la réserve en vue d’une meilleure mise en valeur de ses ressources et leur utilisation judicieuse dans une perspective de développement durable.

La réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono est localisée entre 6° 8’ 52.8 » N et 7° 3’ 41.8 » N de latitude et entre 1° 24’ 18.2 » E et 1° 30’ 0.0 » E de longitude. Le fleuve Mono constitue le principal cours d’eau autour duquel la réserve est édifiée. La réserve est située dans le Dahomey gap qui sépare la ceinture des forêts denses humides ouest africaines en deux blocs : les blocs forestiers guinéens (occidental) et congolais (oriental). Cette discontinuité climatique dahoméenne est caractérisée par des mosaïques de forêts denses semi-décidues, des savanes guinéennes, des prairies marécageuses, des marais, des mangroves et des plans d’eau, des mosaïques de champs et jachères. On note la présence très remarquée de grands pieds de baobab isolés dans les paysages. L’ensemble de ces écosystèmes présente une diversité biologique très riche et variée avec des espèces caractéristiques des différents groupes zoologiques depuis les invertébrés aux grands mammifères terrestres et aquatiques comme les primates, les antilopes, les hippopotames, les lamantins d’Afrique et les cétacés. C’est ainsi qu’on y trouve trois zones humides d’importance internationale comme la réserve de Togodo, le littoral du sud Bénin et Togo et le chenal Gbaga.

Du point de vue topographique, le fleuve Mono entaille les formations du Continental Terminal et coule dans une large vallée alluviale. La pente du lit devenant très faible (0,06 à 0,4 m/km), le Mono décrit de larges méandres à travers des zones inondables avant de rejoindre le système lagunaire non loin du littoral. On observe également dans la vallée, une multitude de terrasses fluviatiles et fluvio-marines, témoins probable du remblaiement après le maximum transgressif nouakchottien.

La partie littorale de la réserve est constituée de deux cordons littoraux bas et sableux séparant la mer et le continentIl existe des zones humides de la réserve qui sont reconnues en tant que site RAMSAR (site 1017 au Bénin, sites 736 et 1722 au Togo).
L’aire de la réserve de biosphère est aussi très largement occupée par deux séries de plateaux sédimentaires argilo-sableux très encaissés par les vallées des fleuves Mono et Couffo ainsi que leurs affluents décrivant ainsi de larges plaines alluviales qui sont aujourd’hui très exploitées par les populations locales pêcheurs et agriculteurs. Ce sont les plateaux de Comé et d’Aplahoué. Une dépression argilo marneuse traverse de manières latérales ces deux ensembles de relief. Cette dépression est appelée au niveau local la dépression de « Tchii ». La partie septentrionale de la réserve est également occupée par une pénéplaine cristalline.

La taille de la population humaine de la réserve est de 531990 habitants
La réserve abrite le Singe à ventre rouge (EN), primate endémique au Dahomey Gap ainsi que plusieurs espèces de faune rares et menacées d’extinction comme Tortue imbriquée (CR), Tortue luth (CR), Colobe (VU), Lamantin d’Afrique (CR), Hippopotame commun (VU), Tortue olivâtre (VU). Les espèces végétales rares et absentes dans les aires protégées du Bénin telles que Chêne guadeloupe (EN), Palétuvier gris (VU), Palétuvier blanc (VU), Palétuvier rouge (VU). Les habitats rares comprennent les cours et plans d’eau, les mangroves, les forêts marécageuses, la prairie marécageuse avec une végétation flottante ainsi que les îlots de forêts sacrées. Les forêts communautaires non exploitées comme la forêt de Naglanou, les forêts sacrées et les sites sacrés sur les plans d’eau constituent des pratiques locales de conservation de la biodiversité.

Superficie totale (ha) (7) : 146088,71 ha.
Aire(s) centrale(s) (7) : 595,41 ha
Zone(s) tampon(s) (7) : 9463,05 ha
Aire(s) de transition (7) : 136030,25 ha

Le zonage de la réserve se conforme au zonage des réserves de biosphère de MAB-UNESCO.

Pour assurer le bon fonctionnement de la Réserve de Biosphère Transfrontière du Mono et atteindre les objectifs ci-dessus énumérés, il était nécessaire de mettre en place les structures ci-après :
-  un conseil de développement, organe de décision de la réserve de Biosphère transfrontière ;
-  un secrétariat permanent régional, organe exécutif ;
-  un conseil scientifique et technique, organe consultatif.

L’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers contribue à l’animation de ces différentes structures à travers le Comité national du MAB. Ces structures participent dans le domaine de la conservation de la diversité naturelle par exemple à l’élaboration des projets et programmes communs visant la restauration et la fixation des berges des cours d’eau, à l’élaboration des programmes communs de gestion durable des zones humides des deux pays (dynamique du système lagunaire) et à la mise en place une stratégie commune de contrôle des actes illicites en matière d’exploitation et de commercialisation des ressources naturelles (chasse, pêche, coupe du bois, pâturage).

Tous ces éléments permettent à la RBT de jouer les rôles suivants :
-  outils de conservation à l’échelle du paysage et de l’écosystème ;
-  outils d’aménagement spatial du territoire ;
-  outils d’intégration régionale ;
-  outils de promotion de la paix ;
-  outils de coopération scientifique et technique.

La gestion commune de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono participe de la promotion de la Coopération transfrontalière entre le Bénin et le Togo dans le domaine de la gestion et la protection des ressources naturelles partagées.