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Les problèmes des frontières africaines

D 13 janvier 2015     H 23:33     A L’AGENCE     C 0 messages


Depuis l’accession des États Africains à l’indépendance, les frontières ont été un facteur récurrent de conflits et de différends sur le continent. Beaucoup de conflits ont opposé et opposent encore les Etats africains. Les chefs d’État ou de Gouvernement africains, conscients de ce fait, ont, très tôt, lors de leur Sommet au Caire en juillet 1964, adopté la Résolution AHG/R.S. 16 proclamant la conservation des frontières existantes au moment de l’accession des pays africains à l’indépendance, et, dès lors appliqué le principe d’intangibilité des frontières « uti possidetis » dans le cadre de l’Organisation de l’Unité Africaine. Mais depuis cette date, cette acceptation du status quo territorial à l’indépendance a relativement réussi à empêcher des conflits majeurs autour des revendications territoriales en Afrique.

Souvent, la compréhension populaire du « maintien du statu quo territorial » a également dissuadé les États africains d’aborder les problèmes résiduels, enracinés dans des définitions surannées, ambiguës et souvent problématiques des frontières laissées par les anciennes puissances coloniales.

Les frontières sont donc devenues des enjeux internationaux car, elles sont à la base des différentes guerres, des conflits et des contentieux territoriaux. 87% des frontières des États africains ont été décidées à l’époque coloniale, et la plupart ont été dessinées à la règle lors de la conférence de Berlin, en 1885. Seulement un sixième des ces frontières ont pris en compte la configuration ethnique des peuples africains alors que le continent comprend plus de 200 groupes ethnolinguistiques distincts.

On estime que 70 % des frontières africaines telles qu’on les connaît aujourd’hui furent définies sans concertation avec les populations concernées, entre la conférence de Berlin et la fin de la première décennie du XXe siècle. Si ce découpage colonial n’explique pas tous les problèmes actuels de l’Afrique, il n’en reste pas moins vrai que les États africains ont hérité de frontières marquées du sceau des rivalités et des intérêts des anciennes puissances coloniales.

Si l’on s’inscrit dans le temps long de l’histoire, il apparaît que ces frontières ont été fixées assez rapidement et par des forces politiques extérieures à des populations alors sous domination étrangère. La gestion des frontières héritées de la colonisation est un important défi en Afrique et a été pris en main par les États africains qui ont adopté une série d’instruments légaux et politiques à ce sujet.

Les frontières africaines contemporaines sont généralement considérées comme fabriquées de toutes pièces par le colonialisme. Elles sont accusées de bien des maux, et ont été effectivement source de conflits, voire de guerres de sécession (guerre du Biafra au Nigeria 1967-1970, sécession du Katanga au Zaïre 1960-1963). Néanmoins, on ne s’interroge guère sur les raisons qui ont conduit les États africains eux-mêmes, dans la charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963, à décider unanimement de les conserver telles quelles, et pourquoi la quasi-totalité d’entre elles se sont maintenues jusqu’à nos jours, à l’exception de l’Érythrée et tout récemment du Soudan. Cette histoire contrastée a posé des problèmes parfois aigus, et la façon dont les Africains peuvent y remédier dans le cadre de la mondialisation moderne en est souvent le prolongement.

Depuis 2007, un programme frontières a été instauré par l’Union africaine afin d’encourager la coopération et de favoriser l’intégration régionale. Pourtant sur le continent, les conflits liés aux frontières se poursuivent.

Les ressources naturelles finissent par créer des tensions entres populations qui partagent les mêmes richesses. En général, on se bat pour du pétrole, des minerais, des ressources halieutiques. La République démocratique du Congo et l’Ouganda se sont étripés pendant des années pour le pétrole du lac Albert. Les deux Soudan, malgré le référendum de la partition, continuent de se battre pour les revenus de l’or noir. On peut multiplier des exemples.