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L’autonomisation économique des femmes des localités frontalières

D 3 janvier 2018     H 05:54     A L’AGENCE     C 0 messages


A travers le monde, les femmes contribuent de manière significative à la survie économique de leur communauté et à la croissance de leur pays en accomplissant un large éventail d’emplois et d’activités dans des secteurs peu valorisés (travaux domestiques, économie informelle…). Généralement privées d’un accès au patrimoine, au capital et à toute forme d’assurance sociale, les femmes et les filles font face à une vulnérabilité économique chronique.

Pour mieux cerner le contour de l’autonomisation économique de la femme rurale, il s’avère nécessaire de clarifier ce concept d’autonomisation.

En effet, une brève sémantique du concept autonomisation précise que « c’est l’acquisition de l’autonomie, celle-ci étant l’aptitude à vivre sans l’aide d’autrui. »
Les femmes rurales sont les piliers de la réalisation des profonds changements économiques, environnementaux et sociaux nécessaires au développement durable. Mais l’accès limité au crédit, aux soins de santé et à l’éducation est un des nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées, encore aggravé par les crises économique et alimentaire mondiales et par les changements climatiques. Etant largement représentées dans la main-d’œuvre agricole dans le monde entier, l’autonomisation des femmes est essentielle non seulement au bien-être de personnes, de familles et de communautés rurales, mais également à la productivité économique générale.

Dans presque tous les domaines, elle ne bénéficie pas forcément des mêmes droits assurés aux femmes citadines, pourtant la société leur demande les mêmes résultats. Ce constat requiert donc une réflexion approfondie pour mettre à sa disposition des moyens nécessaires et l’aider à s’acquitter de son rôle sociétal, surtout qu’elle est considérée comme l’élément incontournable pour l’éducation des enfants et l’amélioration des conditions de vie du foyer.

Comment favoriser l’autonomisation économique des femmes ?

Primo, dans le secteur agricole par exemple, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux moyens de production comme les terres et les engrais, cela augmenterait la production agricole dans les pays en développement. L’élimination des obstacles au travail dans certains secteurs ou métiers pourrait, grâce à une plus grande participation des femmes et à une productivité plus forte du travail, accroître la production par une meilleure utilisation de leurs compétences et aptitudes.
Secondo, une plus grande implication des femmes dans le contrôle des ressources des ménages, grâce à leurs propres gains ou à des transferts monétaires, peut renforcer les perspectives de croissance des pays par une augmentation des dépenses dans un sens qui profite aussi aux enfants (en matière d’alimentation et d’enseignement par exemple).

Dans cette perspective, l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) contribue à l’autonomisation des femmes des localités frontalières par le renforcement de leur capacité en formations théorique et pratique ainsi que dans l’appui en matériels agricoles modernes, divers dons, fournitures scolaires, manuels didactiques, construction d’équipements marchands, etc. Dans ce cadre, les capacités des groupements de femmes de Pèrèrè, de Nikki, de Sinagourou, d’Iwoyé, d’Ogamoin, de Swan-Worossou, et de Bouin ont été renforcées par une formation sur les techniques modernes de production de gari. Celles de Karimama ont bénéficiée d’une formation théorique et pratique sur l’utilisation des fours Chorckor améliorés pour le fumage et la conservation du poisson. Cet accompagnement de l’Agence a impacté positivement leurs conditions de vie et de travail comme en ont témoigné les femmes de la localité frontalière d’Iwoyé par exemple. Cette initiative de l’ABeGIEF a permis d’obtenir, entre autre, l’appui de la Commission de l’UEMOA à travers le Fonds d’Appui à l’Intégration Régionale (FAIR), à travers un financement en vue de favoriser l’autonomisation des femmes des localités frontalières dans l’exercice de leurs activités. Il s’agit de la première phase du projet : promotion des activités génératrices de revenus dans l’espace transfrontalier bénino-nigérien (communes de Malanville, Karimama au Bénin et Tanda et Gaya au Niger) : Conservation des produits halieutiques par les femmes mareyeuses.

Ce projet a permis la construction de hangars de traitement équipé de trois fours chorkor à double foyer à Bello Tounga (Karimama), Djindé Gabi Tounga (Malanville) au Bénin et Monboye Tounga (Tanda) au Niger et de renforcer les capacités de quarante (40) mareyeuses au Bénin et vingt (20) au Niger dans l’accompagnement et l’amélioration des techniques artisanales utilisées à travers, une formation sur les techniques appropriées d’utilisation des fours Chorckor améliorés pour le fumage et la conservation des produits halieutiques. Aussi, leurs revenus connaitront-ils, à l’issue de la vente des poissons un accroissement pour la subsistance de la famille et la promotion de l’économie rurale voire nationale. La mise en œuvre de ce projet a permis aux femmes de sortir de leur léthargie et de ne plus être frappé du leadership des hommes.

Il est donc important que les partenaires techniques et financiers, les Organisations de la Société Civile, les opérateurs économiques, etc. appuient l’Agence dans la prise en charge des espaces frontaliers et l’autonomisation des femmes frontalières.